Le CERPEMA,
ses objectifs et ses domaines de prédilection
|
L'objectif général du Centre
de recherche sur les propriétés électroniques de matériaux
avancés (anciennement connu sous l'appellation Centre
de recherche en physique du solide) est de favoriser la recherche et
la formation de chercheurs dans le champ d'activité interdisciplinaire
des études de matériaux avancés. Plus spécifiquement,
le Centre a pour fonction :
-
de promouvoir la recherche sur
les matériaux avancés et l'établissement d'axes de
recherche communs aux chercheurs, en développant des travaux axés
sur la compréhension, le contrôle et la fabrication de matériaux
avancés, dans l'objectif d'obtenir une meilleure connaissance fondamentale
des propriétés de ceux-ci et d'explorer leurs possibilités
d'utilisation dans des domaines de haute technologie tels que la photonique
et la nanoélectronique;
-
d'offrir aux chercheurs de Centre
des services efficaces afin d'accroître leur productivité;
-
d'offrir aux étudiants
de maîtrise et de doctorat un milieu dynamique, propice à
leur formation;
-
d'assurer un excellent niveau
d'animation scientifique dans ce champ d'activité;
-
de faciliter, dans les domaines
d'intérêt du Centre, les communications et la concertation
avec les différents organismes gouvernementaux, avec l'industrie
et avec les autres groupes de recherche.
|
 |
Les chercheurs membres du
CERPEMA
proviennent de 4 départements et 3 facultés de l'Université
de Sherbrooke, ce qui reflète bien le caractère interdisciplinaire
des travaux. |
La combinaison
d'études fondamentales et de travaux à caractère plus
appliqué constitue une composante du programme du Centre qui nous
apparaît extrêmement porteuse en termes d'innovation. D'un
point de vue historique, on est forcé de constater que le développement
des technologies et les progrès de la science sont intimement liés,
l'un
et l'autre s'influençant et se stimulant mutuellement. Par exemple,
les matériaux semiconducteurs, d'abord étudiés d'un
point de vue fondamental, ont conduit au développement de la microélectronique
et de toutes les applications qu'elle trouve dans notre vie de tous les
jours. Les
besoins de la microélectronique ont à leur tour stimulé
la mise au point de techniques de croissance cristalline extrêmement
sophistiquées, avec lesquelles de nouveaux matériaux, appelés
hétérostructures, ont pu être fabriqués. En
plus de conduire à de nouvelles applications, ces hétérostructures
ont permis la découverte de nouveaux états de la matière,
tels qu'observés par ex. dans les effets Hall quantiques entier
et fractionnaire, qui font l'objet de vastes programmes d'études
fondamentales (théoriques et expérimentales) à travers
le monde. |
Les activités du Centre bénéficient énormément de telles
interrelations entre fondamental et appliqué. Par exemple, les moyens
de nanofabrication du Centre, mis en place en 1993 dans l'objectif de produire
des structures pour études fondamentales, ont permis la mise au
point du procédé de nanofabrication SiDWEL, qui a conduit
à plusieurs brevets (J. Beauvais, D. Drouin, E. Lavallée)
et à un essaimage d'entreprise (Quantiscript
Inc.). Dans le Centre, plusieurs projets de nature fondamentale visent
maintenant l'utilisation de ce nouveau procédé pour produire
et étudier des
structures de très petites dimensions (de l'ordre de 10 nm et moins)
sur différents types de matériaux (notamment les semiconducteurs
et supraconducteurs). Si l'histoire peut servir de guide, on est en droit
de prévoir d'intéressantes découvertes à partir
de ces structures. C'est dans cet esprit que le Centre appuie les travaux
de fabrication et de contrôle des propriétés de matériaux
ou structures par des techniques novatrices (incluant la nanolithographie
par faisceau d'électrons, les techniques d'auto-assemblage de
couches organiques, l'utilisation d'impulsions lasers ultracourtes, etc.)
tout en soutenant d'importantes activités du côté des
études théoriques et des simulations numériques (basées
sur les outils théoriques et les ordinateurs les plus performants),
ainsi que des études expérimentales par des moyens sophistiqués
(incluant l'accès aux très basses températures, champs
magnétiques intenses, spectroscopie optique ultrarapide, microscopie
à effet tunnel, etc.). |
La plupart des
projets de recherche du Centre portent sur des matériaux ou des
structures présentant des propriétés fortement anisotropes.
Il peut s'agir de matériaux manifestant naturellement de telles
caractéristiques (tels les céramiques présentant la
supraconductivité à haute température), ou de structures
artificiellement fabriquées présentant des propriétés
dites de basse dimensionalité. Ces dernières comprennent
notamment les hétérostructures semiconductrices où
les électrons sont confinés dans des plans, des fils ou des
boîtes dont
les dimensions latérales sont suffisamment petites pour conduire
à des effets de quantification très marqués. Ces effets
de confinement ont des conséquences parfois spectaculaires en termes
de propriétés physiques, et sont dans bien des cas à
la base même des meilleures performances de dispositifs modernes
utilisés en électronique (transistor à gaz d'électrons
bidimensionnel) ou en optoélectronique (laser à puits ou
à boîtes quantiques). |
On pense que
la basse dimensionalité joue également un rôle clé
dans le phénomène de supraconductivité observé
dans certaines céramiques (matériaux à aute température
critique, ou haut Tc) ou dans certains cristaux organiques (sels de Bechgaard),
bien qu'aucune explication satisfaisante
du mécanisme de supraconductivité dans ces matériaux
n'ait été trouvée à ce jour. Plusieurs projets,
théoriques et expérimentaux, du Centre sont reliés
à cette question. Les structures moléculaires (organiques),
dans lesquelles les effets de basse dimensionalité peuvent se manifester
même à température ambiante, font l'objet d'un intérêt
croissant dans le Centre. Ce type de matériau est pressenti pour
jouer un rôle important dans l'électronique de demain (transistors
et circuits organiques), et présente aussi des propriétés
optiques non-linéaires ayant un important potentiel d'applications
(par ex. portes optiques ultrarapides). Notons enfin que plusieurs projets
sont également axés sur des matériaux qui ne sont
pas forcément très anisotropes (par ex. les effets d'irradiation
de semiconducteurs, propriétés optiques de cristaux dopés
aux terres rares, etc.). |